| Episode me9connu de la grande hitsoire frane7aise (je qualifie bien : frane7aise) de la re9sistance. Sur ce que le devoir commande de faire face e0 l'improbable de9faite. Les quelques survivants de cette pe9riode que j'ai cf4toye9, e9tant ne9 bien apre8s cette sale affaire, m'ont tout d'abord parle9 de leur effarement devant le de9sastre auquel ils ne pouvaient croire. Il est curieux aussi de relever dans les commentaires autant de contradictions porte9es dans les meames messages. Nous n'avons pas fini de suppurer de cette blessure mortelle qui nous fut porte9e et la propagande qu'en fit ensuite l'ordurier Goebbels n'a pas fini d'empoisonner la vie frane7aise. Le proble8me, aux yeux du monde, ce n'e9tait pas tant que quelques-uns re9sistent (c'est tre8s noble, c'est tre8s bien). Mais que la nation continue le combat depuis n'importe of9 dans le monde comme l'avait promis le Clemenceau britannique d'alors (pour faire une comparaison intelligible e0 propos des hommes de fer) dans un de ses plus fameux discours, l'ineffable Churchill promettant au monde de ne jamais se rendre, lui incarnant le Royaume Uni en tant que Nation. Et c'est ce que le monde a retenu.La de9faite frane7aise de 40, e0 l'analyse, est une de9faite des e9lites, ici politiques et militaires. C'est une de9faite manage9riale. Celles des organisateurs, des ge9ne9raux et des e9lus. Face au brio en soi non pas des ge9ne9raux allemands, mais des adjudants allemands e0 qui on avait de9le9gue9 la conduite de la guerre au contact. Il est particulie8rement injuste de faire porter au peuple frane7ais dans son entier la responsabilite9 de cette de9faite. Et non. Ni Jean Moulin ni les troupes coloniales ne furent les derniers combattants de 40. Il y eut tous ces gens, de chacun de nos terroirs, qui, de9pourvus d'ordres venus des grands e9tats-majors, ont choisi de se battre, meame pas pour quelque chose, permettre e0 une arme9e de se retirer en bon ordre pour s'appuyer en arrie8re par exemple, comme e0 la Be9re9zina en 1812 of9 l'on a sacrifie9 quelques re9giments de ligne pour permettre de continuer le combat, mais ici pour rien. Parce que ce n'e9tait pas possible de succomber face e0 l'Allemand. On songera aux Cadets de Saumur sur la Loire. Aux derniers bastions sur la Ligne Maginot qui combattirent encore apre8s l'armistice. J'ai lu, je me rappelle, le te9moignage d'un soldat allemand entrant comme dans un tombeau e9gyptien dans un de ces fortins, enfin re9duit au silence, en juillet 40, et ses 140 hommes l'e9quipant tous morts apre8s avoir tire9 jusqu'e0 la dernie8re cartouche, dans l'e9pouvantable odeur de la poudre, de la merde et de la mort. On songera aussi e0 ces quelques officiers et soldats refusant l'inconcevable.Mais pour le peuple, et son corte8ge de millions d'hommes jeunes emmene9s en captivite9, comme un peuple d'Israebl moderne englouti par l'appe9tit vorace d'un Nabuchodonosor d'apocalypse, que restait-il ? Livre9 au pire, il ne restait plus que le pire de cette e9lite frane7aise de9voye9e, Pe9tain appartenant bien alors e0 cette grande e9lite frane7aise he9rite9e de la Premie8re Guerre Mondiale. Un pire auquel le peuple de France n'a oppose9 que son silence. Mais oui, vous savez : le silence de la mer. Le silence que l'on fait e0 la mer. Un vieil homme et sa petite fille, orpheline d'un pe8re tombe9 e0 Verdun, face e0 la mare9e de l'histoire. Quant au reste, 100.000 re9sistants et 100.000 collaborateurs. Et c'est tout. Et j'affirme ici, que toutes les tendances politiques de ce pays aujourd'hui, de l'extreame gauche e0 l'extreame droite, peuvent se trouver ses he9ros de la re9sistance, du MOI au Re9seau Klan. Comme chacune de ses tendances peut se trouver du linge tre8s sale.Reste l'ambiguefte9 de l'e9pisode relate9 dans la pie8ce de the9e2tre. Jean Moulin qui e9tait d'abord un patriote, qui voulait d'abord se battre, volontaire et e0 corps perdu, pour se fondre dans la grande mystique de la martyrologie guerrie8re frane7aise de chair, d'os et de sang, dans les rangs de l'Arme9e Frane7aise comme e0 ses plus grandes heures, sous les Eparges ou Verdun, dans une section de mitrailleurs. Une arme de boucher-charcutier hein ? c7a vous coupe son homme en deux mieux que le rasoir se9ne9galais, et e0 la chaeene, s'il vous plait madame. Ah, c'est du beau e0 voir, c'est du propre ! Qui e9tait ce tirailleur ? Pourquoi e9tait-il isole9 du reste de ses camarades ? Pourquoi y a-t-on et lui a-t-on livre9 Jean Moulin ? Un rebelle ? Un psychopathe ? Pourquoi Jean Moulin tente-t-il ce geste de9sespe9re9 ? Assouline ne nous re9ve8le pas grand-chose de l'intrigue de la pie8ce, par peur de spoiler comme on dit sur la toile. C'est bien dommage.Reste l'interrogation que soule8ve toujours l'e9vocation de ces jours de ruine et de cendres. Cette interrogation pour notre temps. Car je trouve d'e9tranges similitudes entre la chanson convenue de l'indignation d'aujourd'hui et celle qui promettait d'aller pendre son ligne sur la Ligne Siegfried en 1939. Tant que l'on n'a pas les armes e0 la main et qu'il faut s'interroger sur le sens re9el de son engagement. Tant que l'on n'est pas seul face e0 la mort brutale. Tant que l'on n'est pas entre9 dans la grande danse de la fureur. Tant qu'il reste quelque chose des autres auquel croire et espe9rer. Et le vieux chre9tien que je suis, vieux par les e2ges qui l'ont fonde9 et pe9tri avant qu'il n'e9merge au monde, ne peut que s'interroger sur le sens du Salut de l'homme que lui apporte, e0 travers le temps et l'espace, le geste solitaire d'un Jean Moulin. Si loin des hommes.Bdn
| |