REVEILLEZ VOUS, BRETONS
(sur l'air de Réveillez-vous Picards)
Réveillez-vous allons,
Caradoc et Beurretons
Et trouver la manière,
d'avoir de bons bâtons
Car voici le printemps,
et aussi la saison
Pour aller à la guerre,
donner des horions...
Adieu, adieu, Felger,
Naoned et Roazhon
Le Rô de Ploermael,
où les bonnes (y) bières sont
Les Bretons les ont bus,
les autres les paieront
Quatre pastars la pinte,
ou bien battus seront...
Tel parle de la guerre,
sans savoir ce qu'elle est
Je vous jure sur mon âme,
que c'est un piteux faict
Et que maints hommes d'armes,
et gentils compagnons
Y ont perdu la vie,
et robe et chaperon...
Où est donc ce seigneur,
à qui l'ont doit combat ?
Il se cache sous son trône,
derrière tous ses soldats
Qui nuit et jour le prient,
pour leurs armes abaisser
La peur leur ronge l'âme,
mieux vaut capituler...
Quand serons en ses terres,
vainqueurs et affamés
Ce sera qui-qu'en-grogne,
le temps de festoyer
Bouterons les derniers rats,
dehors de leurs coteaux
Et mettrons dans nos panses,
le vin de leurs tonneaux...
Nous lansquenets et reîtres,
et soudards si marchons
Sans finir de connaître,
où nous arriverons
Aidons Dame Fortune,
et destin que suivons
À prêter longue vie,
aux bons soldats Beurretons...
Si mourrons de malheur,
la haquebute au poing
Que chaque frère d'armes,
digne tombeau nous tient
Et que dedans la terre,
où tous nous en irons
Fasse le repos de guerre,
à nous, braves Beurretons...
Et quand viendra le temps,
où trompes sonneront
Au dernier jugement,
quand nos tambours battront
nous lèveront bannières,
le noir et blanc portons
Pour aller à la guerre,
donner des horions...