Poillelujah

De Caradoc

Augurant de sa fin, sous le poids de ses âges,
Un gourou vénérable, un mage très ancien,
S’équipa d’un bâton, pour unique bagage,
Se drapa dans sa bure et se mit en chemin


Il quittait la vallée comme un chien rompt sa laisse,
Radieux, malgré le peu qui lui restait à vivre,
Le saint homme blanchi aux lumières des sagesses,
Abandonnait sa hutte, comme on referme un livre


Ce sachem séculaire avait tant étudié,
Tant et tant médité, qu’il savait tout de tout,
Il lui restait pourtant, un oubli à combler,
Car il avait omis d’avoir été voyou


En manière d’adieu, du haut de la montagne,
À la face du monde, il ouvrit son manteau,
Puis de son auréole, il se fit comme un pagne,
Et se mit à scander la danse des gros mots


Et poil, et chiotte, et cul,
Bordel à queue, de couille, de jute, de trou de bite de ch’val, de merde de chier,
Et de pine d’ours, et de pute de pisse de con,
Et de puanteur de chiée de chiée de re-chiée de connerie de vacherie
De paire de baloches de saloperie de con

Et de poil !
Et de cul !
De connerie de chiotte !
Poil !...
Cul !...
Trou de balle !...
Merde !
Chiée !

Poil !... Poillelujah !

Poooooooooooooiiiiiiiiiiiiiilllllllllllllllllll !... Poillelujah !